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Le style au quotidien, sans injonction

S'habiller selon sa silhouette

Colorimétrie : trouver les couleurs qui s'accordent à ton teint

La colorimétrie cherche les couleurs qui éclairent ton visage au lieu de le ternir. Sous-ton, contraste, intensité : voici comment faire le test chez toi, et ce que la méthode des saisons vaut vraiment.

Publié le 6 min de lectureRédaction d'Ève

Mains tenant des échantillons de tissu aux couleurs chaudes et froides près d'une fenêtre

Ce qu'il faut retenir

  • La colorimétrie compare des couleurs posées près du visage pour repérer celles qui l'éclairent et celles qui le ternissent.
  • Trois réglages comptent : le sous-ton (chaud, froid ou neutre), la valeur (clair ou foncé) et l'intensité (vive ou douce).
  • Le test se fait à la lumière du jour, visage démaquillé, avec des tissus ou des vêtements que tu as déjà.
  • La méthode des saisons est un outil pratique mais peu étudié scientifiquement : un repère, pas un verdict.
Dans cet article

La colorimétrie, c'est l'art de repérer les couleurs qui s'accordent à ton teint : celles qui, posées près du visage, le font paraître reposé et net, et celles qui creusent les cernes ou donnent un air terne. Pour les trouver, on regarde trois choses : le sous-ton de la peau (chaud, froid ou neutre), son niveau de clarté et le contraste entre peau, cheveux et yeux.

Le test se fait chez toi, en dix minutes, avec la lumière d'une fenêtre et quelques tissus. Il ne demande aucun achat. Ce qui suit explique la méthode, la façon de lire le résultat et les limites de la célèbre classification en saisons. Les questions de coupe et de proportions, elles, sont traitées dans la rubrique S'habiller selon sa silhouette.

Ce que la colorimétrie regarde vraiment

Teinte, valeur, intensité

Pour décrire une couleur, les coloristes utilisent depuis plus d'un siècle trois réglages. Le peintre et enseignant américain Albert H. Munsell les a formalisés dans A Color Notation en 1905 : la teinte (rouge, bleu, jaune…), la valeur (du très foncé au très clair) et la chroma, c'est-à-dire l'intensité, du gris terne à la couleur pure. Son système sert encore aujourd'hui, jusqu'en pédologie pour décrire la couleur des sols.

La colorimétrie appliquée aux vêtements reprend ces trois axes. Pour chaque couleur que tu portes, la question devient : sa teinte tire-t-elle vers le chaud ou le froid ? Est-elle claire ou foncée ? Vive ou douce ? Et est-ce que ces réglages s'accordent à ceux de ton visage ?

Le sous-ton de la peau

La couleur visible de la peau (claire, mate, foncée) n'est pas son sous-ton. Le sous-ton est la nuance qui transparaît dessous : plutôt dorée, pêche ou olive pour un sous-ton chaud, plutôt rosée ou bleutée pour un sous-ton froid. Beaucoup de personnes ont un sous-ton neutre, entre les deux.

Deux personnes à la peau de même clarté peuvent avoir des sous-tons opposés, et deux peaux très différentes peuvent partager le même sous-ton. C'est pour ça que les conseils du type « peau mate = couleurs chaudes » tombent souvent à côté.

Le contraste naturel

Regarde l'écart entre la couleur de ta peau, celle de tes cheveux et celle de tes yeux. Des cheveux très foncés sur une peau claire font un contraste fort ; des cheveux, une peau et des yeux de valeur proche font un contraste doux. Une tenue qui reproduit à peu près ton propre niveau de contraste paraît souvent plus harmonieuse qu'une tenue qui le contredit.

Faire le test chez toi

Préparer le terrain

Place-toi face à une fenêtre, en lumière du jour, sans soleil direct sur le visage. Évite les éclairages artificiels, qui changent la perception des couleurs. Démaquille-toi si tu te maquilles, et couvre tes cheveux s'ils sont colorés ou très différents de leur teinte naturelle (une serviette blanche ou grise fait l'affaire). Porte un haut neutre ou blanc.

Rassemble des tissus ou des vêtements de ta penderie, pliés pour former une large bande sous le menton. Inutile d'acheter quoi que ce soit : un foulard, un tee-shirt, une taie d'oreiller servent très bien.

Les paires à comparer

Le principe : poser deux couleurs l'une après l'autre sous ton visage et noter laquelle t'éclaire. Commence par les paires qui isolent un seul réglage.

Ce que tu testes Paire à comparer Ce qui t'éclaire
Sous-ton doré / argenté doré : plutôt chaud ; argenté : plutôt froid
Sous-ton blanc cassé, crème / blanc pur crème : plutôt chaud ; blanc pur : plutôt froid
Valeur marine / bleu ciel foncé ou clair selon ce qui garde tes traits nets
Intensité rouge vif / vieux rose vif ou doux selon ce qui ne « mange » pas ton visage

Une couleur qui te va adoucit les ombres sous les yeux, unifie le teint et rend le regard plus net. Une couleur qui ne te va pas accentue les cernes, fait ressortir les rougeurs ou donne au teint une nuance grise ou jaunâtre.

Lire le résultat sans s'emballer

Fais le test à deux, si possible : une autre personne voit plus facilement l'effet sur ton visage que toi dans le miroir. Prends des photos à la lumière du jour, côte à côte, pour comparer au calme. Et recommence un autre jour : la fatigue, le hâle ou un rhume changent le teint d'une fois sur l'autre.

La méthode des saisons

D'où vient la méthode

La classification en quatre saisons (printemps, été, automne, hiver) est souvent attribuée au peintre et pédagogue suisse Johannes Itten, enseignant au Bauhaus, auteur de Kunst der Farbe (L'Art de la couleur) en 1961. Il est présenté comme le premier à avoir associé des palettes à des types de personnes et à leur avoir donné des noms de saisons. La méthode a ensuite été déclinée en douze, voire seize sous-types.

Le principe croise les réglages vus plus haut : le printemps réunit des couleurs chaudes et claires, l'été des froides et douces, l'automne des chaudes et profondes, l'hiver des froides et contrastées.

Ce que disent les études

La recherche sur le sujet reste maigre. Un travail de l'université Chulalongkorn à Bangkok sur les couleurs personnelles en habillement a relevé un accord d'environ 40 % seulement entre le classement proposé par des observateurs et celui des chercheurs. Un second mémoire de la même université conclut qu'en plus du sous-ton, la clarté de la peau influence l'harmonie entre teint et couleur portée. Aucune étude contrôlée solide ne valide les découpages en douze ou seize saisons.

Concrètement : le sous-ton et le contraste existent bel et bien, et la comparaison de tissus marche. Les catégories de saisons restent un moyen pratique de ranger les résultats, à manier avec souplesse.

Utiliser ta palette au quotidien

Près du visage d'abord

Les couleurs comptent surtout là où elles touchent le visage : haut, col, écharpe, manteau, lunettes. Une couleur que tu adores mais qui te ternit peut très bien se porter en pantalon, en jupe ou en chaussures. Un col ou un foulard d'une teinte qui t'éclaire, glissé entre le visage et la couleur difficile, fait aussi tampon.

Construire à partir de ce que tu as

Inutile de vider ta penderie. Repère dans ce que tu possèdes les pièces qui ont passé le test, et sers-t'en comme base. Les basiques d'une garde-robe se déclinent tous en plusieurs nuances : un blanc cassé plutôt qu'un blanc pur, un marine plutôt qu'un noir, un gris chiné plutôt qu'un gris froid. Choisir la nuance qui te va pour ces quelques pièces règle déjà une bonne partie de la question.

La couleur joue aussi sur les proportions. Une tenue en tons proches allonge la silhouette, comme l'explique le guide petite taille, et une ceinture d'une couleur qui t'éclaire attire l'œil sur la taille, un repère utile pour une morphologie en 8.

Les limites à garder en tête

La colorimétrie parle d'harmonie visuelle et de goût. Elle ne soigne rien. Si une couleur fait moins ressortir des rougeurs, tant mieux, mais une rougeur qui dure, une tache qui apparaît ou change d'aspect, une peau irritée se montrent à un médecin ou à un dermatologue, pas à une palette.

Et une couleur qui « ne te va pas » selon la théorie peut très bien te plaire, te donner de l'aplomb ou faire partie de ton style. Le test sert à comprendre pourquoi certaines pièces te mettent en valeur sans effort. Il ne t'oblige à rien.

Le test

Colorimétrie : as-tu retenu l'essentiel ?

Quatre questions sur la méthode, pas sur ton teint : aucune réponse ne te range dans une case.

  1. Quels sont les trois réglages qui décrivent une couleur dans le système d'Albert H. Munsell ?

    • Teinte, valeur, chroma
    • Chaud, froid, neutre
    • Printemps, été, automne

    Tout est expliqué dans la partie Teinte, valeur, intensité

  2. Dans quelle lumière faire le test des tissus ?

    • Sous une ampoule blanche, pour bien voir
    • À la lumière du jour, sans soleil direct sur le visage
    • En plein soleil

    Tout est expliqué dans la partie Préparer le terrain

  3. Tu compares un tissu doré et un tissu argenté près de ton visage. Que testes-tu ?

    • La valeur
    • L'intensité
    • Le sous-ton

    Tout est expliqué dans la partie Les paires à comparer

  4. Que disent les études disponibles sur la méthode des saisons ?

    • Elle est validée scientifiquement en douze types
    • Sous-ton et clarté de peau comptent, mais les catégories strictes ne sont pas validées
    • Elle ne repose sur rien

    Tout est expliqué dans la partie Ce que disent les études

Et ensuite : Les basiques d'une garde-robe, à décliner dans tes nuances

Tu te demandes peut-être

Comment savoir si mon sous-ton est chaud ou froid ?

Pose près de ton visage, à la lumière du jour, un tissu doré puis un tissu argenté, ou un blanc cassé puis un blanc pur. Si les tons dorés et crème t'éclairent, ton sous-ton tire vers le chaud ; si l'argenté et le blanc pur te vont mieux, vers le froid. Si les deux passent, il est probablement neutre.

La méthode des saisons est-elle scientifique ?

Elle s'inspire du travail du peintre et enseignant Johannes Itten, mais elle a été peu étudiée. Les travaux disponibles montrent que le sous-ton et la clarté de la peau influencent bien l'harmonie des couleurs, sans valider des catégories strictes.

Peut-on porter une couleur qui ne fait pas partie de sa palette ?

Oui. Porte-la loin du visage (pantalon, jupe, chaussures) ou sépare-la du teint par un col, une écharpe ou un bijou d'une couleur qui te va.

La colorimétrie peut-elle masquer des rougeurs ou des taches ?

Certaines couleurs attirent moins l'œil sur des rougeurs, mais la colorimétrie ne traite rien. Une rougeur, une tache ou une peau qui change d'aspect se montre à un médecin ou à un dermatologue.

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